mercredi 14 novembre 2012

TOUR DES ANNAPURNA – CELIA – SUITE ET FIN



Aujourd’hui c’est la journée d’acclimatation, que nous transformons en journée : « Stop à la frustration culinaire ». En effet après une grasse mat, une balade de 2h à 3900m pour admirer un magnifique lac de montagne (où il y avait encore un glacier, il y a 70ans, mais qui recule à vue d’œil) nous prenons d’assaut la première boulangerie du trek (ils ont tout compris au business) pour se faire 3 crumbles aux pommes puis nous craquons sur du pain à l’ail pour manger un des pâtés, envoyés par maman, suivis de morceaux de fromage de yak (entre le comté, le beaufort et le gouda).
Bref, nous sommes heureux et dé-frustrés mais le repas du soir nous remet vite dans le droit chemin : des spaghettis trop cuits dans une sauce blanche écœurante. Pas grave, nous nous endormons avec le souvenir très proche de saveurs familières. Demain nous reprenons la route pour dormir à plus de 4000m, le col approche … 

Ce n’est plus le moment de faire n’importe quoi, à chaque faux pas le mal des montagnes peut nous surprendre à partir de maintenant, et cela nous obligerait alors à faire demi-tour. Nous avançons alors doucement, un pied devant l’autre, sans se presser, l’objectif étant de tenir dans la longueur sans s’essouffler. On boit beaucoup (résultat Mauricette et moi, sommes parfois obligées d’oublier notre côté pudique en plein milieu de la montagne… on espère que la vue de sommets à 8000m attiraient plus la vue que 2 fessiers cachés derrière des buissons de quelques cms.), on dors la tête surélevée, on s’oblige à toujours monter plus haut que là où l’on va dormir pour passer la meilleure nuit possible et on mange de l’ail, beaucoup d’ail (remède local contre les maux d’altitude).

Nous arrivons ainsi à 4500m sans encombre, la veille de l’ascension finale. Tout le monde se sent opérationnel, nous décidons donc de pousser jusqu’à 4900m pour dormir au High Camp et ainsi partir le plus tard possible cette nuit. Doucement le stress commence à monter chez Mauricette, qui à perdu l’appétit. Bille en tête, nous savons déjà qu’il est hors de question de lui parler de repos ou de redescente. C’est quasi le ventre vide, qu’elle attaquera le col, demain matin.

5h du matin, frontale sur le nez, nous partons pour cette fameuse journée qui nous tient en haleine depuis quelques jours. Une heure plus tard, nous sommes à 5000m (quoi 100m en une heure, merde il en reste encore 400 !). Mauricette ne dit rien et continue sa lente ascension, toujours un pas devant l’autre, sans broncher, avec cette lueur de battante dans les yeux. Pause pour boire… merde, l’eau à geler dans les gourdes… on mangera donc des chocolats à la place.

5100m, on voit des gens qui commencent à se sentir mal autour de nous et qui finirons à dos de poney…

5200m, le guide nous dit « ici un italien est mort d’hyperventilation, il y a quelques années ». A quel point est-ce psychologique, mais luc commence à se sentir patraque, les jambes vacillent un peu, le sac se fait lourd, et il commence à voir quelques étoiles. Notre guide ne semble pourtant pas très inquiet, cela à plus l’air de ressembler à de la fatigue. Pour le coup, les 5 mois du tour du monde sont surement un bon entrainement, car Célia poursuit la montée sans encombre, appliquant à la lettre les basiques de la montagne, qu’elle apprend à découvrir, jour après jour, depuis le Mont Meru (cf. Tanzanie).

5300m, allez il faut continuer à avancer car à partir de 8h30, des vents violents et glaciales soufflent sur le col. Nos 2 porteurs, viennent récupérer les sacs à dos de Luc et Mauricette et on continue, toujours un pied devant l’autre, dans cette poussière qui nous accompagne depuis le début du trek. Un coréen respire comme un bœuf et s’arrête tous les 2 pas, on a peur de ne pas le revoir de l’autre côté du col.

Et là nous apercevons les drapeaux de prière, qui annonce l’arrivée à 5416m. C’est main dans la main que Célia voit arriver les 2 loulous. Explosion de joie et stress de l’échec qui redescend. Nous prenons la pause pour immortaliser le moment et il faut déjà repartir… Au revoir les monts enneigés qui culminent entre 7000 et 8000m et merci de nous avoir escortés à bon port…

La descente se fait dans un cadre magnifique : les montagnes du Mustang, aridité, caves troglodytes, un 360° de vue saisissante, on oublie tout, le mal de tête de certains, le mal de genou des autres, la toux qui n’avait jamais cessée, la fatigue qui commence à se faire ressentir …
Bref, le trek s’achève et nous prenons le bus pour rentrer sur Pokhara, les paysages défilent, les femmes coupent les herbes des rizières, les hommes battent le riz, nous apercevons quelques bateaux de rafting, et la survient l’épreuve du passage de rivière en bus … Ah le bus n’avance plus, il ne recule plus non plus, normal on est embourbé ! 1h30 d’effort pour pousser le bus dans un sens ou dans l’autre, les pieds dans l’eau glacée, et c’est finalement un autre véhicule qui nous apportera le salut. 

Nous pouvons enfin rentrer, les images plein la tête, la satisfaction d’avoir réussi notre challenge, le bonheur d’avoir fait ça tous les 3 (merci les copains), et l’envie de recommencer l’aventure très vite… 


le fameux lac de montagne 



Crumble et autres délices culinaires 



il fait chaud (ou pas)


Au sommet 


Vers le mustang 











 
Le Dal Bhat (plat traditionnel Népalais)

TOUR DES ANNAPURNA – LUC – JOUR 6 « Nepal’droit de dormir »


La nuit de l’horreur : le retour ! Notre « chambre » était collée aux toilettes. Résultat, nos lits vibraient au gré des différentes envies pressantes des personnes du Lodge… et c’est fou ce que les gens vont au toilettes à 3h du mat, bref on appelle ça une bonne nuit de routard !
Ensuite la journée a été une vraie merveille : ça a commencé par un bon petit dej (pain tibétain / litron de thé) au chaud (mais bien sur avec nos pulls et nos doudounes) et c’est le départ pour la plus belle rando depuis le début du trek : on part dans la forêt, on grimpe jusqu’à un nouveau monastère avec une vue superbe sur Mr Annapurna II et on devine son petit frère, le numéro IV. Encore un petit effort et là du plat pendant 3h qui nous laisse le temps de contempler tous ces sommets à plus de 7000m. Fantastique ! Redescente dans une plaine de sapins et arrivée à Mamang, son camping, son cinéma (véridique, aujourd’hui c’était « 7ans au Tibet ») et ses steaks de Yak ! On craque et commandons des steaks de Yak pour nous et les porteurs, pour qu’ils puissent manger avec nous, pour une fois. Ils ont l’air d’aimer même si la quantité ne semble pas au rdv (on est loin des 2kgs de riz habituels par jour !) et si le système couteau / fourchette ne leur est pas forcement familier. Bref, bon moment et bonne soirée au chaud (dehors le vent fait rage à 3600m). Il est temps d’enfiler collant, bonnet, chaussettes et de se glisser dans son duvet … Serbaratri (Bonne nuit)







TOUR DES ANNAPURNA – MAURICETTE – JOUR 5


Ce matin, grasse mat : réveil 6h40. Le réveil sonne, personne ne bouge… il faisait tellement froid qu’on aurait pu aller au petit déjeuné avec notre duvet … Bon petit dej à base d’apple pancake et notre rituel Big Pot de Black Tea et c’est parti pour une nouvelle journée de marche.
C’est devenu l’autoroute : on s’est rendu compte qu’on était des milliers de personnes à faire le même trek, car contrairement aux jours précédents où il y avait plusieurs chemins possibles, aujourd’hui et pour la suite, il n’y en a plus qu’un ! Dommage … A midi, on aurait pu se croire à Chamonix à manger dans des chalets en bois à la française, rempli de nombreux trekkeurs avec leurs bâtons.
J’avoue le début ne fait pas rêver, mais la suite de la journée est devenue beaucoup plus sympa… On a visité un monastère perdu à plus de 3500m : recueillement garanti ! Avant de redescendre a u village pour y dormir, nous avons profité de la vue sur les Annapurna II et IV … on ne voulait plus redescendre. C’est alors que nous découvrons notre chambre : le plafond est consolidé avec des sacs poubelle et la chambre n’est séparé des toilettes que par une fine planche de bois : on n’est pas à l’abri de passer une bonne nui t !









TOUR DES ANNAPURNA – CELIA – JOUR 4



Réveil 6h15, nous prenons le rythme : rangement du sac de couchage, bouclage du sac à dos, petit dej, brossage de dents, on est prêt à partir.
La Manaslu (8163m) nous montre le bout de son nez… nous ne pouvons nous empêcher d’avoir une pensée pour les alpinistes qui se sont éteints dans une avalanche il y a quelques semaines de cela. Jérôme (rencontré en Zambie) fait attention à toi l’année prochaine.
Nous passons à travers notre 2ème village tibétain avec ses moulins à prière (les faire tourner, libère les prières dans le ciel)… Le rouge (feu) le jaune (terre) le bleu (ciel) le vert (eau) et le blanc (air) des drapeaux colorent les montagnes vertigineuses qui nous entourent… Enclavés dans la vallée, nous sentons toute la puissance et la grandeur de ces sommets. Et là sans prévenir, l’Annapurna II (7937m) apparait … splendide … nous nous sentons tout petit !
Nous arrivons 15h au village de Chame, Ok on l’avoue pleins d’autres marcheurs y dorment aussi ce soir mais mon dieu qu’on est heureux de pouvoir s’acheter des chips et des chocolats… Luc ne parle que de bouffe et ça ne m’aide pas à arrêter d’y penser 24h/24h J
Et là comme si nos vœux avaient été exhaussés, nous avons le droit à un dessert, pour la première et unique fois du trek : des beignets aux pommes, gras au possible, mais tout simplement jouissif ! Avant d’aller se coucher, le guide nous lance une devinette : Célia à donc remis les neurones en route pour la première fois depuis 5 mois. C’est un peu rouiller mais ça marche encore.





TOUR DES ANNAPURNA – LUC – JOUR 3 : « Népalais-mots »



Réveil matin 6h, on se réveille comme des fleurs après une nuit bercée par les chants des hippies toute la nuit, merci le LSD. Il fait grand, beau et froid. Le thé et les pancakes made in Népal sont les bienvenus. Et c’est parti pour le 2ème jour ! Célia est toujours enrhumée, tout le PQ y passe. Le guide est prêt à appeler un hélico pour la rapatrier … Célia finira-t-elle le trek des Annapurna ? Suspens cher lecteur, suspens …
Aurélie atteint son objectif de la journée : traverser une passerelle au dessus de la rivière sans tenir la main de Célia. Well done !
Superbes paysages de montagnes, toutes plus hautes les unes que les autres. Nous longeons une rivière en passant par des champs entiers de cannabis (véridique). La soirée s’annonce cool rasta, sans rancune les hippies.







TOUR DES ANNAPURNA – MAURICETTE – JOUR 2



Premier vrai jour de marche ! Départ de 840m d’altitude pour atteindre 1314m. Selon le guide, il y aura 500m de dénivelé positif et 400m de dénivelé négatif, on est loin du compte (ça à fait débat pendant une heure). Nous voilà parti pour une journée de marche au milieu des rizières sous un grand soleil où nous traversons de nombreux villages typiques. Petit tacle du guide qui nous demande d’avancer plus vite, c’est peut être normal avec toutes les pauses photos que nous avons fait : Célia c’est mise en mode Tchang ! Après 6h de marche, nous arrivons au Lodge vers 16h à peine fatigué, à peine quelques étirements, diner et au lit avec les poules.




TOUR DES ANNAPURNA – CELIA – JOUR 1


Début du trek, enfin plutôt début de la journée transport. Ballottés dans tous les sens, nous nous demandons si le bus va finir par verser dans la rivière ou s’il nous amènera à bon port … Nous arrivons finalement après 9h de tape-cul un point de départ du trek : bhulbhule.
Nos premiers échanges avec le guide, nous laisse un peu perplexe, mais cela se déridera « un peu » avec le temps : Célia qui se mouche un peu bruyamment : « je suis malade désolé ». Le guide : « tu es malade, tu ne fais pas le trek » Célia : « Euh … si je vais venir (et qui pense très fort : bonjour, moi c’est Célia, enchanté de vous rencontrer) ». Le guide n’a pas l’air de renchérir, on partira donc tous ensemble demain matin. Nous avons hâte de commencer à marcher, de nous dégourdir les jambes et de nous aventurer dans les rizières apparentes.
Heureux nous allons nous coucher dans une petite bicoque, un rat nous montre sa queue avant de s’éclipser dans le plafond, bonne nuit !




Balançoire locale en bamboo